Synthèse et Podcast de la plénière du 15 janvier avec Jean Pierre Corniou : tendances technologiques du CES 2026 dans un monde en mutation

Intervention de Jean Pierre Corniou. Ecouter le Podcast

En synthèse : Introduction : Un CES en mutation profonde

Le CES n’est plus le salon « Consumer » de ses débuts en 1972. En 2026, il s’est affirmé comme un événement mondial global, principalement B2B et B2B2C, analysant la société numérique dans son ensemble. C’est un amplificateur de visibilité où les entreprises ne présentent plus seulement des produits, mais se mettent en scène elles-mêmes pour montrer leur propre transformation.

1. Le nouveau paysage géopolitique : L’Asie en leader

L’un des constats majeurs de cette édition est l’effacement relatif des États-Unis et de l’Europe au profit de l’Asie.

Domination asiatique : Le leadership technologique est désormais porté par la Chine et la Corée du Sud, dont l’écosystème est jugé remarquable.

Le Duopole mondial : Nous sommes dans une compétition féroce entre les États-Unis et la Chine.

L’influence politique américaine : Sous la présidence Trump, le modèle technologique américain est devenu un modèle de domination brutale. Les enjeux géopolitiques imprègnent le salon : les acteurs américains cherchent à imposer leur suprématie et leur manière de penser, tandis que l’Europe peine à faire entendre sa voix sur la souveraineté.

2. L’IA Industrielle et Agentique : Le cœur du système

L’intelligence artificielle a changé de statut. Elle n’est plus un simple composant (« AI Inside »), mais elle est devenue le système lui-même.

IA Industrielle : Elle permet de reconcevoir radicalement les produits et les processus. On passe de l’IA générative à une IA qui organise, produit et vend.

IA Agentique : C’est une rupture architecturale majeure. On sort du modèle rigide des ERP pour passer à une coopération d’agents logiciels dédiés capables de chercher en temps réel la meilleure réponse à un problème complexe.

Intelligence « Always On » : Comme le montre l’exemple de Siemens ou de Xiaomi, l’entreprise moderne fonctionne via une connexion permanente entre des tâches multiples pour créer une efficacité globale.

3. Robotique et Jumeaux Numériques : Vers la fusion physique-digital

Le CES 2026 marque une étape clé dans la robotisation :

Robots anthropoïdes : Le robot Atlas de Boston Dynamics (Hyundai) est désormais une version de série capable de porter 50 kg et dotée de l’IA de DeepMind (Google). Il est destiné à équiper des usines automobiles dès 2027, fonctionnant en réseau avec d’autres robots.

Convergence : Le but est de connecter le jumeau numérique (représentation digitale) à chaque composant physique de la réalité opérationnelle. La machine réelle interagit directement avec son modèle numérique pour guider les décisions.

4. Mobilité et Autonomie : Entre pragmatisme et obstacles

Le secteur automobile illustre les difficultés de l’innovation :

Le bémol de l’autonomie : Contrairement aux promesses de 2015, la voiture 100% autonome (Niveau 5) bute sur la complexité de modélisation de la conduite humaine, un business model coûteux et une réglementation internationale stricte (Convention de Vienne).

L’émergence de la « Robocar » : On s’oriente vers des véhicules hybrides (comme Tensor) capables d’être autonomes dans certains cas mais conservant un volant rétractable pour l’humain.

Nouveaux entrants : Des acteurs comme Xiaomi, venus du smartphone, réussissent là où les acteurs traditionnels peinent, en appliquant des méthodes issues de l’électronique à l’automobile.

5. Applications sectorielles : Travail, Santé et Maison

Industrie et services : L’autonomie se déploie là où la main-d’œuvre manque : tracteurs, engins miniers ou tondeuses professionnelles (John Deere, Caterpillar).

Santé augmentée : On s’oriente vers un jumeau numérique humain. Des outils comme la balance de Withings analysent 60 paramètres pour permettre un diagnostic préventif et personnalisé.

Maison intelligente : La connectivité devient la règle d’or pour tous les appareils (lave-linge, barbecue, aspirateur montant les escaliers), pilotés par des smartphones intégrant l’IA.

6. Enjeux pour les managers : Souveraineté et Discernement

Pour les décideurs européens, la situation est complexe :

Dépendance technologique : Le marché des processeurs est quasi-monopolistique (Nvidia, AMD), Intel étant en difficulté. L’Europe possède un maillon fort avec ASML (machines à graver), mais reste globalement fragile.

Le défi de la souveraineté : Face à un protectionnisme américain durci, l’Europe doit naviguer entre ses valeurs réglementaires (RGPD) et la nécessité de ne pas être distancée technologiquement.

Innovation et Durabilité : Un arbitrage permanent est nécessaire entre les bénéfices du numérique et son coût environnemental (consommation d’eau et d’électricité des data centers).

Conclusion : L’innovation comme un processus d’évolution

L’innovation n’est pas un chemin linéaire ; c’est un « bazar foisonnant » avec des branches mortes et des réussites imprévues. Pour les managers de France Processus, l’enjeu est d’utiliser ces technologies (IA agentique, robotique, jumeaux numériques) pour reconstruire le fonctionnement optimal des entreprises. Cela demande du discernement, de la créativité et une capacité à intégrer ces outils dans un modèle européen performant et responsable

PodCast généré par NoteBokkLM depuis l’enregistrement de la plénière du 15 janvier 2026

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